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dossier ( Economie solidaire

Quel avenir dans notre société ?
1,8 millions de salariés, des millions de bénévoles, une activité couvrant sans doute entre 6 et 10% du produit intérieur : l'économie sociale et solidaire est une réalité.

La nomination de Guy Hascoët (verts) comme secrétaire d'Etat à l'Economie Solidaire en avril dernier, semble marquer la volonté du gouvernement de s'engager fortement en faveur de ce secteur. Ceci devrait se concrétiser par l'élaboration d'une loi d'ici la fin de l'année. (lire encadré).
L'économie solidaire est aussi d'actualité depuis octobre 1999 avec la participation de 4000 responsables d'associations, de coopératives, de mutuelles, d'entreprises d'insertion.... aux "Consultations régionales de l'économie sociale et solidaire". Réunies dans vingt régions, ils ont réfléchi avec les services de l'Etat et les collectivités locales à une meilleure prise en compte de leurs actions qui associent l'économie et la solidarité. Le 5 juin dernier, Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement et du Territoire et de l'Environnement, Claude Bartolone, ministre délégué à la Ville et Guy Hascoët organisaient une journée nationale de L'Economie Sociale et Solidaire pour dresser avec ses principaux acteurs la synthèse des consultations régionales. Selon la Délégation interministérielle à l'Innovation et à l'Econ
omie Sociale, l'objectif est de "dégager des perspectives permettant à ce secteur d'être mieux reconnu, de se structurer, de poursuivre son développement autour des valeurs de solidarité et de démocratie, d'innovation dans ses pratiques et d'être mieux appuyé par les politiques publiques".

Recréer le lien social.
Mais aujourd'hui qu'est ce que l'économie solidaire ? Selon Guy Hascoët : "il est nécessaire de faire la différence entre économie solidaire et économie sociale. La seconde est composée de trois grandes familles : le monde associatif, celui des coopératives et celui des mutuelles. Quant à l'économie solidaire, elle est apparue il y a quinze ou vingt ans, souvent en réponse à la crise : elle regroupe tous les gens qui ont commencé à organiser les flux d'épargne de manière différente, tout ce qui touchait à des logiques d'innovations sociales dans le champ de l'insertion, de la création de nouveaux emplois et services. Ce sont, aussi, ceux qui introduisent une démarche de sens dans l'économie traditionnelle, qu'il s'agisse du commerce éthique, équitable, de l'émergence de filières nouvelles ou de partenariats impliquant de l'éthique, de la règle sociale ou environnementale dans les échanges". Beaucoup parlent de tiers secteur lorsqu'ils évoquent l'économie solidaire. Un tiers secteur que l'économiste Vert Alain Lipiest résume en ces termes dans son rapport à la ministre de l'Emploi et de la Solidarité "Sur l'opportunité d'un nouveau type de société à vocation sociale" : "La nécessité d'un tiers secteur naît d'un double constat : un, nous manquons d'emplois; deux, de nombreux besoins restent à satisfaire dans notre société pour améliorer la qualité de la vie".

EN SAVOIR PLUS : la "loi du tiers secteur"
Une loi d'orientation devrait être mise au point d'ici fin 2000. Elle devrait notamment traiter :
des parcours des personnes: adapter la reconnaissance des acquis dans la formation professionnelle.
des nouveaux statuts pour les entreprises à vocation sociale, à travers la construction de
règles sociales et fiscales, statuts juridiques.
de l'accès aux financements que propose l'épargne éthique et solidaire.
des contrats pluriannuels avec l'Etat pour donner une visibilité aux acteurs de terrain en sortant de l'annuité budgétaire
de la trésorerie.


Consommez éthique pour l'école!
Depuis le 20 mai 2000, la campagne du collectif « de l’éthique sur l’étiquette » a fait entrer la consommation- citoyenne à l’école. Une campagne qui vise, notamment, à mettre en oeuvre les dispositions de la loi « Le Texier » qui incite les municipalités, les écoles et les familles à adopter un comportement de consommateurs éthiques. Au programme : sensibilisation des consommateurs et pression sur les grands distributeurs. Quelles sont aujourd'hui les conditions de fabrication des produits scolaires ? Ordinateurs, vêtements, chaussures, cartables, livres, mobilier... sont produits dans le monde entier. Des témoignages montrent que certains produits sont de mauvaise qualité sociale : violences physiques à l’encontre d’ouvrières du textile,
répression antisyndicale dans des usines de jouets, travailleurs forcés produisant de l’outillage, enfants fabriquant des ballons de football... Les mairies, les écoles ou les familles doivent donc demander à leurs fournisseurs de s’assurer des bonnes conditions de fabrication des produits qu’ils vendent.
La campagne « Pour l’école : consommons éthique » a pour objectif d'encourager les distributeurs qui se sont engagés dans cette voie de contrôle de leurs fournisseurs et d'inciter de nouvelles entreprises à les rejoindre.
Pour rappel:
La loi "Le Texier" vise « à inciter au respect des droits de l’enfant dans le monde, notamment lors de l’achat des fournitures scolaires ». Elle a été adoptée définitivement le 27 mai 1999. Elle demande aux collectivités publiques, aux établissements scolaires et aux familles de veiller à ne pas acheter de produits fabriqués par des enfants. Elle ajoute que l’éducation civique doit comporter une formation à la connaissance et au respect des droits de l’enfant.

> Le commerce équitable
fait sa campagne nationale


L'association Max Havelaar, à l'origine en 1988 déjà, du label garantissant des "produits équitables", a lancé le 22 mai 2000 une campagne nationale de sensibilisation sous le slogan : "Je vote commerce équitable". Cette campagne est un plébiscite citoyen en faveur du commerce équitable à destination des mairies et des entreprises. Pour qu'au coeur de la cité, tous les acteurs se mobilisent sur le chemin de l'éthique.
http://www.
maxhavelaarfrance.org/




> Une plate-forme
Les principaux acteurs du commerce équitable oeuvrant en France sont réunis depuis 1997 par la création d'une plate-forme du commerce équitable.
Tel 05.45.67.88.47

> Les S.E.L.:
une alternative économique.
(Système d'Echanges Locaux)
Ce système de troc, né en Ecosse dans les années 80, existe en France depuis 1994 . Aujourd'hui, une soixantaine de SEL couvrent notre territoire. Leur principe consiste à échanger savoir-faire contre biens de consommation sans qu'intervienne la monnaie. Les SEL font bénéficier leurs membres de tous les avantages du commerce local.
http://www.selidaire.fr

> "33 millions pour l'économie solidaire" : Voir rubrique Actualités
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