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actions ( Congé Solidaire

Congé solidaire. Des vacances hors circuits.
Depuis plus de deux ans, l’association Congé solidaire permet à des salariés de partir en mission humanitaire pendant quelques semaines. Une idée originale qui s’appuie sur des partenariats avec des entreprises.

© DR Congé Solidaire

Ils sont tous volontaires, vendeur, comptable, enseignant, assistante de direction, consultant... Leur objectif : partir en mission humanitaire pour «être utile ». En 2000, quatre-vingt salariés issus d’une vingtaine d’entreprises ont rejoint le Mali, le Liban ou l’Albanie pour apporter leurs compétences professionnelles à des structures locales de développement. Ils devraient être cent-vingt cette année. Le principe du congé solidaire est simple : une entreprise finance la mission humanitaire de son salarié (billet d’avion, séjour et logistique). Ce dernier intervient durant son temps libre ou ses congés annuels. Agnès B, Le Crédit Agricole Nord Est, la Fondation Club Méditerranée ou encore Pricewaterhousecoopers ont déjà signé. Au total, pas moins d’une quarantaine d’entreprises se sont engagées sur le terrain de l’action solidaire via leurs salariés. «Ces dernières années, bon nombre de sociétés ont pris conscience de la nécessité de s’impliquer dans des actions citoyennes et de solidarité. L’engagement dans l’action humanitaire donne au personnel la satisfaction d’appartenir à une entreprise perçue comme ayant une éthique. En externe, elle peut valoriser son implication dans l’action humanitaire en mettant en place des opérations de relations publiques», précise Julien Genin, chargé de la communication de l’association. Congé solidaire a été créée par des membres de l’ONG Atlas logistique, association de solidarité spécialisée dans la logistique sur des projets humanitaires. « Au-delà de la logistique , ils souhaitaient ancrer le concept d’intervention humanitaire dans l’entreprise et permettre ainsi à des salariés de s’investir dans une action ».

Trois cents enseignants ont contacté Congé solidaire
L’association intervient sur trois créneaux : l’hygiène des quartiers et l’aide direct (assistance médicale et sociale), la formation des adultes (comptabilité, aides aux micro-entreprises, informatique...) et l’animation jeunesse (soutien scolaire, ateliers audiovisuel, musique, journal...)
«Nous avons des missions avec des ONG partenaires dans sept pays (Mali, Tanzanie, Djibouti, Liban, Kosovo, Estonie et Albanie). Nous avons constaté que la plupart des volontaires souhaitent partir en Afrique. Pourtant, nous avons des besoins dans les Balkans. Le dépaysement n’est peut être pas tout à fait le même...», souligne Julien Genin.
Dans 90% des cas, ce sont les salariés qui appellent pour obtenir des renseignements. L’association commence tout juste à recevoir des appels d’entreprises intéressées par ce concept. «Suite à la diffusion d’un reportage sur Arte et quelques articles de presse, des groupes comme la Redoute, DHL, ou encore la Fondation Vivendi et la Poste nous ont appelés. Certaines entreprises souhaitent mettre en place un accord permettant à leur personnel un accès permanent à ce type de congés», explique-t-il. Le secteur public est aussi demandeur. Près de trois cents enseignants ont contacté Congé solidaire pour obtenir des informations et une centaine sont candidats au départ. Reste le problème du financement (8000 francs par personne pour une mission de quinze jours). «Le ministère de l’Education vient de dégager une somme de 100 000 francs pour financer douze missions en 2001 à titre d’expérience. C’est un début. Nous ferons un bilan avec eux en fin d’année». Outre les démarches de prospections, l’association sollicite les pouvoirs publics pour obtenir des fonds notamment pour renforcer son programme de formation. Le Secrétariat d’Etat à la coopération a apporté une subvention pour permettre aux volontaires de bénéficier d’une formation plus pointue sur trois jours et non plus sur une seule journée. «Depuis mai dernier, les candidats passent un week-end avec des formateurs de l’IFAID (Institut de formation à l’aide internationale au développement). Ils leur présentent le projet de mission, ainsi que le pays, un historique de l’aide humanitaire depuis 1945, les spécificités culturelles du pays... ceci pour permettre une intégration rapide dans la population locale», précise Julien Genin.

Etre regardant sur l'éthique des entreprises
L’association a souhaité améliorer ce programme de formation au regard de certains rapports de missions peu satisfaisants. Force est de constater que tout volontaire n’est pas nécessairement un bon pédagogue voire un bon professionnel. Ainsi, au Mali, l’ONG, la Fondation pour l’enfance, a mis en stand by son partenariat. Une décision exceptionnelle mais qui alerte Congé solidaire sur la nécessité de bien cerner le profil des candidats. «Nous sommes de plus en plus vigilants afin d’éviter les candidats en difficultés psychologiques ou immatures. C’est souvent le cas en période d’été où nous recevons de nombreux appels de personnes seules et qui sont prêtes à tout pour sortir de leur appartement». L’association est aussi regardante sur l’éthique des entreprises. Il peut arriver qu’un acteur économique veuille utiliser un de ses salariés comme tremplin pour nouer des contacts dans un pays et ainsi gagner des marchés. Les marchands de canons font également l’objet d’une certaine attention.
Aujourd’hui, Congé solidaire travaille sur une autre forme d’action solidaire. Un salarié pourrait, par exemple, devenir actionnaire solidaire d’une entreprise en phase de démarrage au Mali ou en Tanzanie. A défaut d’offrir ses compétences sur le terrain, chacun peut ainsi contribuer au développement d’un pays.




C.Vidal

Congé solidaire
78 avenue de la République
75011 Paris.
Tel : 01 49 29 89 99
Fax : 01 49 29 89 98
Site web :
www.congesolidaire.org.
Email : congesolidaire@
congesolidaire.org




Comment ça marche?
> Congé solidaire propose des missions régulières au Mali, en Tanzanie, à Djibouti, au Liban et dans les Balkans (Albanie, Kosovo, Estonie). Il existe des missions ponctuelles au Brésil et au Honduras. Les bénéficiaires sont des adultes ou des enfants et les demandeurs des ONG ou des associations locales. Tout salarié d’entreprise peut demander à partir en mission. La participation financière est de l’ordre de 12 000 francs par personne. Le financement de la mission peut provenir soit du budget communication ou du mécénat d’entreprise, du budget formation ou d’une subvention du comité d’entreprise. Les volontaires partent deux semaines ou un mois.





Quelques entreprises qui ont signé... :
CE Renault Technocentre
Conseil général de l’Essonne
Eurosport
Publicis
Reebok
Société Générale
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